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Weston parle alors de rendre visible « l’essence même de la chose
» et il photographie ce qui l’entoure, un coupe-œuf, une planche à tamis,
un arbre noueux avec une intensité nouvelle. Il passe librement du corps
humain au monde naturel, perfectionnant sans relâche sa vision à travers
l’étude, la répétition et l’innovation formelle.
Ses études de sable, de roches, de bois sur la côte californienne frôlent
l’abstraction. Ses images témoignent d’une maîtrise technique totale.
Ses œuvres ont une énergie picturale intense dans leur précision et leurs
contrastes, la chair palpite de la force de l’âme mise à nue.
C’est dans sa maison, perchée sur les hauteurs de Point Lobos, qu’Edward
Weston s’éteint en 1958, entouré des paysages qui ont façonné son regard et
auxquels il a offert quelques-unes de ses images les plus durables.
Il semble que l’œil du photographe se soit à jamais fondu en cette
nature qui a su battre en ses veines pour rejoindre son esprit à
jamais vivant au cœur de ses photographies dans sa puissance
éternelle.
Edward Weston, Daughter of John Cotton No. II, 1920
© Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents /
Edward Weston, Adagp, Paris, 2025. Courtesy Wilson Centre for Photography
















































































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