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Le rendez-vous est donné rue du Beaujolais.
Dans le premier arrondissement. Entre la Comédie Française d’un côté, la place
des Victoires de l’autre.
Au premier étage d’un petit immeuble, Sophie Mainier-Jullerot m’accueille.
Grande brune, cheveux courts, silhouette énergique et un sourire qui semble
ne jamais la quitter. Le plafond assez bas de cet appartement-loft lui donne une
atmosphère très cocoon. Ici la partie bureaux, là une partie exposition. Sophie
m’invite dans un petit salon dont les fenêtres donnent, sur les jardins du Palais
Royal. Un rêve, d’autant que le soleil de cette fin octobre donne une lumière
enveloppante, apaisante. On se croirait dans un décor de film. Justement, il s’en
tourne un juste sous les fenêtres !
Sophie Mainier-Jullerot est à la tête de Mouvements Modernes. Je l’ai rencontrée
lorsqu’elle présentait à deux reprises les portraits de la peintre Vanessa Seward.
Une première fois dans une galerie sous les arcades droites du Palais Royal, la fois
suivante sous les arcades gauches. C’est tout le concept novateur de Sophie. Pas
de lieu physique fixe. Cette flexibilité lui permet de ne pas s’ennuyer et de pouvoir
adapter le lieu en fonction des projets artistiques. Ce fonctionnement est plus
répandu aujourd’hui mais il y a vingt ans, elle s’est frottée à quelques réticences.
« Les français n’étaient pas prêts, certains artistes non plus »
Jeune trentenaire, Sophie reprend les rênes de Mouvements Modernes avec déjà
un joli bagage.
Diplômée de l’Ecole du Louvre en histoire de l’art, soit une formation très théo-
rique, elle saisit un premier job en communication en art contemporain à Beau-
bourg. Au service des médias et des débuts de l’art numérique, elle va beaucoup
apprendre mais cette active s’ennuie un peu dans la lourdeur des institutions. Un
peu d’action ne serait pas pour lui déplaire. Des projets à mettre en œuvre. Retour
à l’école. Avec son master en management culturel, elle entre chez Valentin, jeune
galerie qui défend la scène artistique française. Elle s’épanouit, fait des rencontres
dont une, phare, avec Pierre Staudenmeyer. Elle ne le sait pas encore mais il de-
viendra son mentor, sa référence.

