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Dans les pas de Pierre
Pierre Staudenmeyer arrive au design par des chemins de traverses.
De psychanalyste à économiste, il est surtout doté d’un sens aigu de l’esthétisme.
Passionné par le design il va cocréer Néotù à New-York en éditant des créateurs
à l’époque inconnus comme Ron Arad ou Jasper Morrison. En 1984, il crée
Mouvements Modernes. Ses dadas, le design français des années quatre-vingt et
la céramique d’après-guerre. Cet électron libre est en réalité un visionnaire car il
travaille déjà en circuit fermé.
Quel meilleur professeur pour Sophie Mainier-Jullerot ! Il forme son œil, lui
apprend à regarder, à agencer, à faire dialoguer les styles, les spécialités et les
époques. Au décès de Pierre, Sophie reprend la galerie. Nous sommes en 2008.
Hors de question de ne pas rester dans la lignée de son maitre. Elle perpétue son
héritage visionnaire et apporte sa patte.
Tout au début, elle opte pour des espaces fixes. Pas longtemps. Ce format n’est
pas pour elle. Ne pas s’enfermer. Rester libre sera sa force.
En appartement dans un premier temps, elle imagine comment recevoir ses clients
et présenter ses artistes. Elle envisage une relation plus confiante, solide, plus ami-
cale. Car, j’ai oublié de le dire, dans chaque lieu où Sophie expose on se sent chez
une amie. On a envie de rester et de tout emporter.
Un concept nomade à imposer
Il lui faudra de la ténacité et beaucoup de travail pour convaincre clients et ar-
tistes des atouts de ce concept nomade. Intuitive et instinctive, Sophie s’est bâti
une réputation plus qu’enviable. Elle collabore véritablement avec ses créateurs,
les emmène vers des idées et chemins qu’ils n’auraient peut-être pas envisagés.
Elle leur apprend le travail en timing court pour une expo ou un évènement.
Elle prend des risques financiers importants dans la production.

