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Istanbul n’est jamais la même selon l’heure de la journée.
Au lever du soleil,elle semble se réveiller avec lenteur, baignée d’une lumière nacrée qui
effleure les minarets, glisse sur les ferries et révèle les nuances poudrées des maisons.
À midi, elle s’anime, plus vive, elle respire au rythme des marchés et des traversées du
Bosphore, s’étirant véritablement entre deux continents, comme si elle tentait d’em-
brasser les deux à la fois.
Le soir, elle se métamorphose encore, l’air se charge de parfums, les lumières se re-
flètent sur l’eau noire et tout semble soudain empreint d’une intensité dramatique et
unique.
Ville en perpétuelle mutation, Istanbul conserve pourtant une même signature, cette
énergie singulière, à la fois moderne et libre, qui ne cesse d’envoûter ceux qui la tra-
versent.
Marcher à Istanbul, c’est traverser plusieurs dimensions à la fois. On croise les pierres
anciennes de Sainte-Sophie, dont les ombres racontent des siècles d’empires.
Juste après, on s’arrête devant la Citerne Basilique, mystérieuse comme une cathédrale
souterraine. Plus loin, le Palais de Topkapi ouvre ses jardins au vent, tandis que les
mosquées d’un bleu profond veillent sur leurs quartiers.
Rien n’est figé, ces monuments ne sont pas des décorations touristiques, mais des mor-
ceaux de vie autour desquels la ville continue de respirer, marchands de châtaignes, de
grenades et d’épis de maïs s’alternent aux groupes de visiteurs.

