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D avid Hockney en fait surgir des silhouettes vibrantes, Ettore Sottsass
y lit des architectures instinctives, Man Ray, Barbara Crane et Martin Creed
captent leurs symétries troublantes, leurs ombres tranchantes, leurs courbes
presque futuristes.
Le parcours avance, les herbiers anciens flirtent avec les expérimentations
contemporaines.
Les planches botaniques semblent des dessins de haute couture, les œuvres de
Katinka Bock ou de Maurizio Galante transforment la mémoire minérale des
cactus en bronze ou en argent.
Même Yves Saint Laurent, amoureux des formes organiques et des textures du
vivant, aurait reconnu dans ces silhouettes épineuses un vocabulaire esthétique
intime, presque instinctif.
À l’extérieur comme à l’intérieur, Monaco renforce la poésie du propos. Le
jardin exotique, avec ses variétés rares et ses cactus centenaires, fait écho aux
pièces exposées dans les espaces de la Villa Sauber,un théâtre naturel où chaque
plante apparaît comme une sentinelle, gardienne de milieux fragilisés, témoin
silencieux des mutations du monde, symbole de résilience.
Certaines œuvres rappellent, avec délicatesse, la fragilité de cet équilibre. Julian
Charrière explore les tensions écologiques contemporaines, Ali Cherri évoque
les maladies qui déciment certaines espèces, Cristina De Middel et Ziad Antar
transforment les épines en signes graphiques, en frontières, en lignes de frac-
ture du paysage.
Les cactus deviennent alors des messagers, des narrateurs de l’invisible.
Pierre Joseph Redoutè Cactus Coccinelle (Linnè) Amérique Meridionale -
Museum National d’Histoire Naturelle Collection des vélins

