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L’exposition que Palazzo Strozzi consacrée à Beato Angelico, présente plus-
de 140 œuvres et révèle un artiste dont la douceur apparente cache une véritable
révolution visuelle.
Un homme qui, bien avant la Renaissance, avait compris que la lumière pouvait
être un acte esthétique mais aussi un acte idéologique. On croit connaître Beato
Angelico, on croit connaître son or, ses bleus, ses anges disciplinés et puis, cette ex-
position arrive et soudain tout bascule.
Car Beato Angelico, vu de près, n’est pas seulement un peintre mais une véritable
sensation.
Né autour de 1395 sous le nom de Guido di Piero, il rentre chez les Dominicains
non par renoncement, mais par une forme supérieure de discipline, un luxe spiri-
tuel.
L’artiste que l’on baptisera plus tard « Angelico « n’a rien du peintre naïf et dévot
que l’historiographie du XIXe siècle avait façonné. Sous ses halos dorés se cache un
esprit aigu, subtil, attentif à la modernité de son temps.
Son passage du gothique au langage renaissant n’est pas une transition, c’est une
décision.
Fra Angelico and collaborators Antiphonary for the Proper of Time (from the
first Sunday of Lent to Holy Saturday) and the
Proper of the Saints (Feasts of Saint Thomas
Aquinas and the Annunciation) c. 1440–42 parchment
515 × 375 mm, folios I, 260, I’
Nine historiated initials, numerous pen- flourished initials
Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana,
Corale 43, inv. 208164
Photo credits: Courtesy Ministero della
Cultura – Biblioteca Medicea Laurenziana

