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Adulé par les uns et haï par les autres, David est un monument.
L’imginaire collectif est encore hanté par ses images de Marat assassiné au
Sacre de Napoléon.
Il a su représenter à jamais les grandes heures de la Révolution française et
de l’Empire napoléonien.
Immortalisant le quotidien d’une époque, David est le seul peintre qui de
son vivant a connu six régimes politiques. En cette époque de l’Histoire de
France, féconde autant qu’instable et bouillonnante, David a ressenti les
contradictions mais aussi l’espérance et l’énergie farouche de ce moment
fondateur de notre modernité.
En contemplant ses œuvres, c’est la question de l’engagement dans une so-
ciété en pleine mutation qui frappe les esprits contemporains confrontés des
siècles plus tard à des bouleversements qui ne sont pas sans rappeler les tour-
mentes de ces instants d’insécurité et de remises en question fondamentales.
Ce « Père de l’École française » se voit offrir par le musée du Louvre qui
conserve le plus important ensemble de ses œuvres une exposition forte et
d’une richesse exceptionnelle à l’occasion du bicentenaire de sa mort en exil
à Bruxelles en 1825. Artiste mais aussi homme politique car il voulait être
acteur des événements qu’il n’a pas seulement observés mais aussi vécus dans
sa chair et dans son âme. Pour David, «peindre c’est agir» et il occupa de
hautes fonctions politiques en 1793-1794 aux côtés de Robespierre et dû en
payer le prix en exil lors de la chute de Napoléon.
Jacques-Louis David, Bonaparte franchissant les Alpes au Grand Saint- Bernard, 1800.
Huile sur toile, H. 260 ; L. 221 cm.
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
© GrandPalaisRmn (musées des châteaux de Malmaison et de Bois- Préau) / Franck Raux

