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Sa parenthèse romaine en tant que pensionnaire de l’académie de France et lau- réat de la bourse de la villa Médicis renforce ce désir de travailler la photographie comme la peinture.
« Si je n’ai jamais peint directement sur des tirages, mes œuvres sont très picturales, ou en rapport avec l’histoire de l’art » A cette période, le polaroïd est un de ses supports privilégié. Rome est une étape précieuse pour celui dont le mantra est « de ne jamais se satisfaire du monde ni de soi-même ». Encore plus vrai, selon lui, pour un artiste qui doit créer son monde et son univers à travers son œuvre. « il apporte sa marque en transformant le réel ». L’identité ! si difficile à acquérir si l’on n’est pas habité par ce furieux besoin de création.
Antoine a-t-il des obsessions ?
En regardant tout son travail, la question démange.
Il confie, qu’en effet, il a des récurrences comme la mort, l’érotisme, la religion, l’his- toire de l’art, les rituels. Mais, et c’est là toute la magie de ses photos, il utilise toujours un de ses éléments obsessionnels avec son contraire : l’érotisme et le voilé, le macabre et la jouissance, le religieux et la transgression, l’humain et l’animal, la nature et le corps.
Il aime perdre son spectateur pour qu’il s’interroge et regarde vraiment l’image.
Et la fidélité, une autre idée fixe ?
Au regard de ses longues collaborations avec le Crazy Horse et Bartabas, on peut en conclure que l’homme est fidèle et que son travail est estimé. Réciprocité.
Depuis trente ans, il côtoie les coulisses et la scène du mythique cabaret parisien. C’est un peu sa seconde maison !
Lieu de la vie parisienne créé en 1951 par Alain Bernardin, le Crazy Horse se situe au cœur du triangle d’or. Il fallait bien une adresse prestigieuse pour des spectacles aux chorégraphies impeccables, avec des danseuses classiques de haut niveau.


































































































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